
La Casati
Londres 1939, une ombre rase les murs sombres, spectre pâle, décharnée, ses yeux cerclés de noir, déambule à la nuit tombée, fouille les poubelles pour manger et peut-être y trouver des objets précieux et des plumes pour orner ses cheveux.
40 ans plus tôt, Milan 1881, Luisa Adèle Rosa Maria Von Amann est née et grandit dans le luxe. Son père, magnat du textile, meurt et laisse à l’âge de 13 ans, Luisa et sa soeur ainée, à la tête d’une des plus grandes fortunes d’Italie voire d’Europe.
1900, elle épouse le Marquis Casati Stampa di Soncino et devient marquise Casati
Elle vécut dans l’opulence, elle est extravagante, à l’allure théâtrale, avec un goût prononcé pour les sciences occultes.

1910, Luisa Casati prend ses quartiers dans le Palazzo Venier dei Leoni sur le grand canal à Venise, aujourd’hui devenu la résidence de la Collection Peggy Guggenheim. Elle donne des grands bals masqués, ses excentricités et sa beauté lui forgent une réputation de femme fatale. Sur les quais des canaux de Venise, elle se promène nue en-dessous de son manteau avec deux guépards en laisse, porte des serpents vivants en guise de bijoux. Elle a des chaussures en diamant, teint ses cheveux en rouge, fume de longues cigarettes et boit du whisky. Elle se met en scêne et veut être une oeuvre d’art vivante. Elle invente, elle offre des performances artistiques, Lady Gaga s’en est inspirée.

Elle devient mécène de grands créateurs de mode comme le couple Fortuny, Mariano et Henriette, et Poiret. Elle commande une robe cubiste à Pablo Picasso.
Elle est la muse de nombreux artistes de Giovanni Boldini à Léon Bakst, lz photographe Man Ray, Joseph Paget-Frederickx, Salvador Dali, Isadora Duncan, danseuse et beaucoup d’autres encore. Son portrait par Augustin John est l’un des tableaux les plus populaires du Musée des Beaux-Arts de l’Ontario.

1923, elle acquit le Palais du Vésinet, ancienne demeure de Montesquiou. Elle y reçoit le tout Paris
1930-1932, ruinée, elle abandonne tous ses biens à ses créanciers. On dit que Coco Chanel était parmi les acquéreurs.
1957, 1er juin, elle décède à Londres. Sa tombe est ornée d’une urne drapée et fleurie. Dans son cerceuil, une paire de faux cils, un lys blanc, son emblème.

La robe Casati de Bernard Depoorter est bien plus qu’un simple vêtement; elle incarne l’essence même du style de la maison depuis vingt ans. S’inspirant des ballets russes, des motifs arabisants et de l’art déco, cette pièce exceptionnelle plonge ses racines dans l’univers somptueux de Luisa Casati et de la Venise chère à son coeur. Elle évoque l’opulence des boudoirs vénitiens et des appartements parisiens, fusionnant luxe et liberté avec une élégance inégalée.
Conçue pour être une robe d’intérieur, de jour ou de soir, elle offre un confort sans pareil, permettant à la femme qui la porte de se mouvoir avec grâce et aisance. Elle transcende le quotidien, transformant chaque instant en un véritable art de vivre. Véritable écrin, elle met en valeur à la fois la femme et ses parures florales.



Réalisée en velours de soie, nécessitant 4,50 mètres de tissu, cette robe sarouel aux manches ballons s’inspire des influences orientales et de l’univers de Paul Poiret. Les détails raffinés, comme les dix perles de Murano, véritables bijoux fabriqués à la main au cœur de la lagune, ajoutent une touche de luxe intemporel. Les coulisses froncées de l’encolure permettent un ajustement parfait, faisant de chaque port de cette robe une héroïne du jour. Elle incarne un art de vivre d’intérieur, entre Venise et Paris. Cette robe-pyjama, véritable alternative au peignoir ou kimono, se décline en diverses versions : brodée en haute couture, embellie de somptueux ornements, imprimée, peinte à la main, en mousseline, lamé ou velours. Elle se porte aussi bien en robe du soir à Paris que sur un maillot dans une villa antique à Capri.

La robe Casati se pare de fleurs ruisselantes jaillissant du décolleté, évoquant les extravagances des portraits de Boldini. Elle s’accessoirise de ceintures bijoux ou de colliers et torque d’inspiration byzantine et renaissance soulignant sa magnificence. Le velours de soie capte la lumière dans la pénombre feutrée des palais vénitiens et des fenêtres tamisées.


Ponctuée de dix perles-bijoux de Murano, elle transcende les époques et les styles. Elle se porte négligemment, tantôt aguicheuse, tantôt sage ou romantique, permettant à la femme de se mettre en scène avec subtilité et de créer des effets de nonchalance étudiée. Elle s’adresse à une femme libre, indépendante, qui assume pleinement sa féminité.

Bernard Depoorter nous offre une véritable œuvre d’art qui transforme chaque femme en muse intemporelle, alliant tradition et modernité avec une élégance incomparable.


